Manon Roch — Magazine Lab

Magazine'Lab

DANS LA TÊTE

DE
MANON ROCH

INTERVIEW
EXCLUSIVE

42K ABONNÉS SUR LINKEDIN

A CÉDÉ SA BOÎTE À 25 ANS

LE LABO VERSION (PRESQUE) PAPIER

ICI, ON PARLE MARKETING,
BUSINESS ET LINKEDIN...

ET ON DÉBORDE.

Iryna Desmarchelier

Iryna Desmarchelier

Fondatrice · Market'Lab

·16 min de lecture

Iryna :

Coucou Manon ! Très contente de te retrouver sur ce format. Bon, on ne va pas faire genre qu'on ne se connait pas (rire).
Pour expliquer à nos lecteurs, Manon a été ma boss lors de mon alternance. Elle m'a beaucoup appris, et c'est en grande partie grâce à elle que je fais ce que je fais aujourd'hui !
Welcome Manon !

Manon Roch et Martin Vix — cofondateurs de Cosmy
"ON AREVENDUCOSMY !"

Manon Roch :

Hello Iryna, merci pour l'invitation ! (sourire)

Pour me présenter, je suis entrepreneure et associée chez Primelis.
En 2023, j'ai cofondé Cosmy avec mon associé Martin Vix, une agence de création UGC.
Et, en 2025, on l'a revendue au groupe Primelis, où on continue de développer leur pôle créatif.

Iryna :

Ok, c'est très clair ! Question toute simple pour commencer... ou pas (sourire). Comment on se sent quand on vend sa boîte à peine 2 ans après l'avoir créée ?

Manon Roch :

Alors, déjà... C'était pas du tout prévu !
À la base avec Martin, on imaginait pas vendre Cosmy. Quelques mois après le lancement, il y a plusieurs groupes qui nous ont approché et... il y a eu un vrai match humain avec Philippe et les équipes du groupe Primelis. C'est clairement ça qui a fait la différence !
D'un point de vue business, l'opportunité était énorme. Ça nous permettait d'accélérer la croissance... monter d'un cran. Voir même 10, 20, 30 crans (rire).
Toucher des clients internationaux... et apprendre, parce que nous, avec Martin, on n'avait pas de mentor. On faisait tout, un peu... tout seul.
Donc, évidemment c'est la meilleure des écoles.

L'équipe Primelis — plus de 200 personnes
"PHILIPPE = BOSS"

Manon Roch (suite) :

Et Philippe... c'est une tête ! Il a déjà monté une vingtaine de boîtes, il a une expertise de ouf. Les équipes... aussi.
Il y a plus de 200 personnes, tous des experts dans leur domaine. C'est hyper cool de travailler avec des gens qui sont ambitieux et qui sont là pour accélérer et aller beaucoup plus vite. Et aussi d'avoir un cadre super dynamique ! (enjouée)

Manon Roch (suite) :

Donc, ça, c'est ce qui nous a... (petit temps) beaucoup appâtés, on va dire. Après, il y a aussi une réalité financière ! Pendant 1 an et demi, avec Martin... on s'est pas payé, pour réinvestir 100% des bénéfices de Cosmy dans son développement. Donc, ça nous a permis de retrouver une stabilité financière...

Manon Roch — seule sur une route en forêt
"ON S'EST PAS TROMPÉ!"

Manon Roch (suite) :

...et de pouvoir financer des projets persos grâce au cashout* qu'on a récupéré. Notamment, pour moi, acheter un appartement. C'est un aspect qui rentrait aussi en compte. Mais (appuyé), initialement, le but n'était pas de vendre.
Et, au fur et à mesure, on a pesé le pour et le contre. Vendre Cosmy ou garder Cosmy à 100%, Martin et moi. Et la balance pesait plus pour rejoindre le groupe Primelis. Et finalement, on s'est pas du tout trompé !

*Cashout : l'argent que les fondateurs récupèrent personnellement lors de la vente.

Iryna :

Toutes mes félicitations ! Et y-a-t'il... (petit temps)
quelque chose que tu aurais aimé savoir avant de le faire ? Genre, un truc qu'on ne dit pas sur la revente d'une boîte ?

Manon Roch et son associé Martin — en extérieur
"C'ÉTAIT COOL !"

Manon Roch :

Hum... (silence), euh...
Honnêtement, on a eu de la chance, parce qu'on a été hyper bien conseillé et suivi par Primelis, nos avocats et comptables, donc ça, c'était vraiment cool !
Parce que, j'pense qu'une revente, si les gens sont pas bien intentionnés, ça peut vite partir en cacahuète.

Manon Roch (suite) :

Mais, nous, ça n'a pas été le cas, parce qu'on avait tous le même objectif, créer ce groupe, et avoir une force ensemble... travailler main dans la main.

Donc, si j'ai un conseil à donner c'est vraiment... vérifier quels sont les intérêts pour chacun et quelle est la vision.

Ne pas regarder que l'aspect financier, mais regarder aussi l'aspect développement. En tout cas, si vous restez dans la boite après. Parce que nous, le but, c'était pas juste de revendre et partir, c'était de rester et faire de grandes choses ensemble.

Aussi pour la phase de négociation, il faut bien connaître ses chiffres, savoir comment les argumenter, pas se laisser marcher dessus, pouvoir tirer son épingle du jeu... pour pouvoir faire une belle valorisation (sourire).

Après, ce qu'on ne savait pas sur la revente, c'était plus d'un point de vue fiscal. Pour faire simple, si tu revends ta boîte 1 million d'euros...
ce n'est pas ce que tu vas avoir dans la poche. Entre la fiscalité, la flat tax à 30%, et d'autres éléments, le montant final est... bien inférieur. C'est ce qu'on a découvert au moment de la revente.

Iryna :

Ok, intéressant, donc ensuite, tu as décidé de revenir au salariat. Pourquoi ?

Manon Roch et Martin — sourire complice
"ÇA FAISAIT SENS !"

Manon Roch :

Oui, et bien, déjà, ça faisait sens de continuer, parce qu'on n'avait clairement pas fini, on n'était qu'à 10% de ce qu'on voulait faire avec Cosmy !

Aujourd'hui, on est à la fois salariés et associés de Primelis, ça nous permet d'être aussi drivés par les résultats du groupe.

Manon Roch (suite) :

On est aussi complètement aligné avec le reste des associés et des collaborateurs, il n'y avait aucune raison de ne pas continuer à développer Cosmy ensemble.

Et nous, on n'a pas perdu de liberté en rejoignant le groupe, bien au contraire ! On a eu les moyens de développer nos idées et recruter une quinzaine de personnes.

On est écoutés et impliqués sur des projets transverses, au-delà de Cosmy, ce qui nous permet d'apprendre énormément de choses sur d'autres scopes* du groupe.

C'est un travail de salariat, ou plutôt... (petit temps) d'intraprenariat dans un groupe.
Je fais aucune différence entre avant et après, si ce n'est qu'on est payé pour faire ce qu'on fait !

*Scopes : périmètres, champs d'intervention, domaines de responsabilité.

Iryna :

Est-ce que tu comptes relancer un projet un jour ?

Manon Roch — interview magazine
“JE VEUXLA VIVRE À FOND !”

Manon Roch :

Pourquoi pas un jour !

J'aimerais bien, mais en revanche, un projet comme celui qu'on est en train de créer... à cette échelle et dans ce contexte, c'est peut-être une expérience que je vivrais qu'une fois dans ma vie. J'ai vraiment envie de la vivre à fond !

Iryna :

Pour rentrer un peu plus dans le deep et dans ton expertise, tu es vraiment la pro de l'UGC, comment va le marché en ce moment ?

Manon Roch — interview magazine
“LE LIEN PAS LE VOLUME !”

Manon Roch :

L'UGC a énormément évolué, on est clairement dans une phase d'ubérisation de la création de contenu. Produire est devenu plus rapide et plus accessible avec l'arrivée de l'IA.
Mais paradoxalement (petit temps), ça rend l'authenticité encore plus précieuse. Les marques ont aujourd'hui le besoin fondamental d'avoir un visage, incarner un discours et surtout d'identifier leurs consommateurs. L'avenir se joue dans l'équilibre entre la stabilité, la technologie et la sincérité. Les marques qui réussiront seront celles qui créeront du lien, pas du volume.

Iryna :

Et... Qu'est-ce qui fait qu'une campagne UGC performe vraiment ?

Manon Roch — interview magazine
“BOSSER LE HOOK !”

Manon Roch :

Une campagne UGC qui performe vraiment, c'est en fait... quand elle ne ressemble pas à une pub ! D'abord, tout se joue dans les premières secondes, le hook ! Une phrase, une image ou même quelque chose de visuel, dans lequel la cible va pouvoir se reconnaître immédiatement.
Et si l'attention n'est pas captée tout de suite, la vidéo... est morte. (rire)
Donc, la première clé : travailler le hook.

Manon Roch (suite) :


Ensuite, tu vas avoir le créateur, il faut la bonne personne, pour la bonne cible. Si tu vends un produit de cosmétique pour des rides par exemple, ça ne sert à rien de prendre une nana de 20 ans qui n'a pas une seule ridule (rire).

Le but, c'est vraiment de prendre... une personne assez mûre, qui a des signes marqués de l'âge sur son visage, pour que les autres femmes dans son cas puissent se reconnaître.

Donc, il faut quelqu'un de crédible et d'identifiable. C'est important qu'on se sente représenté en tant que consommateur et qu'on puisse s'identifier à la personne qui nous parle.

Après, tu vas avoir la structure, aussi, qui va être déterminante ! Une vidéo qui performe est pensée pour la rétention. Donc, il faut parler d'un problème réel. On raconte une histoire et le produit va arriver naturellement comme la solution.

La vidéo doit pas être basée sur un discours hyper marketing. Le but, (petit temps) c'est d'intégrer le produit dans le quotidien du consommateur pour qu'il puisse se projeter. Il faut pas que ça ressemble à un conseil, ou une recommandation.

Il faut aussi accepter que l'UGC... c'est du test and learn* pour les marques. Une campagne qui performe, ce n’est jamais une seule vidéo, mais un ensemble de tests : différents angles, hooks, volumes. C’est ce qui permet de comprendre sa cible et de savoir ce qui performe.

Donc, il ne faut pas rester buté sur une seule vidéo, ou prêter trop d’attention à l'esthétique de la vidéo afin d'avoir LA vidéo parfaite.

Le but, c'est vraiment d'avoir une vidéo qui parle. Que la personne scrolle et consomme la vidéo comme un contenu organique et spontané.

*Test and learn : tester, mesurer, ajuster en continu.

Manon Roch (suite) :

Et surtout, il faut croiser la créa’ avec la data.
Une fois la campagne est lancée, on analyse les données, la performance, si c’est de l'ads, ou la visibilité, si c'est de l'organique, puis on itère pour améliorer les concepts.

Je vois plein de marques qui laissent tourner une vidéo banger tant que ça fonctionne, et dès qu’elle ne performe plus, ils vont juste la couper, alors qu'il y a probablement des variations de cette vidéo à faire.

L’idée, c’est de repartir de ce qui a marché, tester d’autres hooks, angles, approches, parfois même d’autres créateurs, parce que ça peut faire aussi d'autres vidéos qui fonctionnent très bien.

Et, surtout, de construire un vrai apprentissage, une sorte de machine learning* sur sa cible et ses consommateurs.

*Machine Learning : systèmes qui apprennent à partir des données pour s'améliorer automatiquement.

Manon Roch — interview magazine
“À 200% SPORTIVE!”

Iryna :

Hum, très intéressant, merci !
Et Manon, il y a un gros truc qui a changé chez toi depuis que je te connais... (sourire) c'est que tu t'es mis à 200% dans le sport.

D'où t'est venue cette passion ?
Et quel est ton dernier exploit sportif ?

Manon Roch :

(rire) C'est vrai, le sport occupe une grosse partie dans ma vie aujourd'hui. J’ai commencé il y a 3-4 ans, dans un moment où j'en avais vraiment besoin.

Au début c'était surtout un défouloir, un moyen de remettre mes idées en place, être bien dans mon corps, et puis, petit à petit, c'est devenu une habitude, puis un besoin.
J'ai découvert la course à pied, puis, le triathlon ,et là... ça a été une énorme révélation. Je pense que tu le sais. Je suis tombée complètement amoureuse de ce sport.

J'ai enchaîné les courses, 10 kilomètres, un semi, un marathon, deux marathons, trois marathons... (sourire)
Puis, en 2025, j'ai participé à 8 triathlons, dont celui de l'Alpe d'Huez, un Half Ironman, l’ascension du Mont Blanc qui ont été des beaux challenges sportifs.

Manon Roch — interview magazine
“JE POUSSE MES LIMITES !”

Manon Roch (suite) :

Ça a changé ma vision du sport. C’est devenu un moment de partage, où je pousse mes limites, j'apprends à me connaître psychologiquement, physiquement et où je me sens bien, en fait.
Je sais que c'est mon moment à moi.
C'est un peu une thérapie.

Iryna :

Wow, respect ! Et une question que j'adore poser, si Internet disparaissait demain, qu'est-ce que tu ferais comme métier ?

Manon Roch — interview magazine
“MONTER UN RESTO !”

Manon Roch :

Ah ! C'est une question complexe, parce que j'ai plein de projets qui ne sont pas liés directement à internet, mais qui sans internet fonctionneraient quand même beaucoup moins bien. (rire)
Cela dit, il y a une idée qui me revient, c'est monter un resto avec toutes les recettes de ma grand-mère, qu'elle me faisait quand j'étais petite.
Toute ma famille est dans la restauration, donc, j'ai baigné là-dedans.

Iryna :

J'irai direct en tout cas ! Passons à Linkedin. Est-ce que tu t'es déjà fait clasher sur Linkedin ?
Et comment tu as réagi ?

Manon Roch — interview magazine
“TU T'ES DÉjÀ FAIT CLASHER ?”

Manon Roch :

Alors, je n'ai pas souvent de clash sur LinkedIn, mais, il y en a un dont je me souviens très bien. J'avais posté une annonce de recrutement.

C'était en plein été. Mon téléphone n'arrêtait pas de vibrer, j'avais des notifications de partout, des messages de mes proches.
Je me suis dit... : "Qu'est-ce qui se passe ?" Et là, je vois que j'ai plein de commentaires, des positifs et d'autres un peu moins. Je me rends compte aussi que l'annonce a tourné sur Reddit.
À l'époque, j'connaissais pas ce réseau.

Manon Roch (suite) :

Et là, je découvre des commentaires sur Reddit qui reprennent mon post pour en faire des blagues, un peu comme sur Twitter (plus sérieuse).

Je l'ai mal vécu, parce que je trouvais ça méchant, alors que j'avais juste mentionné un truc du genre 'le petit-déj du vendredi', pour montrer une bonne entente dans l'équipe.

Et j'avais reçu plein de messages du style :
- "Du coup, vous payez vos employés avec des baby-foot ?"
- "La mutuelle qui est obligatoire pour vous, c'est un avantage salarial ?"
- "À super, bientôt, ils vont nous dire qu'ils prennent en charge 50% du transport"

Enfin bref... ! (haussement de sourcils). Alors que, moi, je voulais juste partager mon annonce de recrutement.

Je trouvais qu'il n'y avait rien de déplacé à dire que le vendredi, on offrait un petit déj' à notre équipe.

Iryna :

Je comprends ! Manon, en ce moment je cherche à remplir ma bibliothèque. Est-ce que tu as un livre à me recommander ?

Manon Roch — interview magazine

Manon Roch :

Celui qui m'a vraiment marquée, c'est “Atomic Habits” de... James Clear, je crois. (hésitation).
En gros, c'est toutes les étapes pour faire d'une tâche, une habitude. Et moi, tu le sais, je suis assez matrixée par l'optimisation, par les agendas, l'organisation. Et du coup, c'est un livre qui m'a permis de structurer toutes ces habitudes et de voir... comment les optimiser. Comment on crée réellement une habitude au quotidien. Et je pense qu'aujourd'hui, c'est un livre qui m'a beaucoup servi. Je le recommande aux personnes qui auraient envie de changer leurs habitudes.

Iryna :

Et bien, merci beaucoup, je vais regarder ça ! Avant de conclure, si tu devais me citer 2 personnes que tu admires, ce serait qui ?

Manon Roch — interview magazine
“J'TE FOLLOW À 100%”

Manon Roch :

Alors, déjà toi, je suis trop fière de la personne que tu es devenue. Je trouve que tu une personne hyper ambitieuse, tu as plein d'idées et moi, je te follow à 100% sur tout ce que tu fais.

Et aussi, Justine Hutteau, tu sais, de Respire, avec le côté sport et comment elle a réussi à l'intégrer dans sa boîte. Et de manière général, mon entourage et mes proches.

Iryna :

C'est trop mimi, merci encore, Manon ! Qu'est-ce qu'on peut s'attendre à voir sur ton Linkedin cette année ?

Manon Roch — interview magazine
“UN PETIT COME BACK”

Manon Roch :

J'espère plus de publications que l'année dernière ! (rire)
J'ai commencé il y a quand même quelques années, et je prenais beaucoup de plaisir à partager plein de trucs, et notamment avec toi, quand on travaillait toutes les deux sur Linkedin.

Donc, faire un petit come-back, on peut me le souhaiter cette année. Ça serait plutôt cool ! (sourire)

Iryna Desmarchelier
Iryna Desmarchelier

Experte LinkedIn · Fondatrice de Market'Lab

Top Voice LinkedIn France, 70 000+ abonnés. J'accompagne les professionnels et les équipes commerciales à générer des leads qualifiés sur LinkedIn.

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